Pier Paolo PASOLINI
05/03/1922-02/11/1975

toi seul es nécessaire... Et tu m'emportes doucement au-delà des frontières humaines...Pier Paolo PASOLINI...solo tu sei necessario... E mi travolgi piano oltre il confine umano...


 
Il giorno della mia morte

In una città, Trieste o Udine,
per un viale di tigli,
quando di primavera
le foglie mutano colore,
io cadro' morto
sotto il sole che arde,
biondo e alto,
e chiudero' le ciglia
lasciando il cielo al suo splendore.


Sotto un tiglio tiepido di verde,
cadro' nel nero
della mia morte che disperde
i tigli e il sole.


I bei giovinetti
correranno in quella luce
che ho appena perduto,
volando fuori dalle scuole,
coi ricci sulla fronte.

Io saro' ancora giovane,
con una camicia chiara,
e coi dolci capelli che piovono
sull'amara polvere.


Saro' ancora caldo,
e un fanciullo correndo per l'asfalto
tiepido del viale,
mi posero' una mano
sul grembo di cristallo.
 







Le jour de ma mort

Dans une ville, Trieste ou Udine
le long d'une allée de tilleuls,
au printemps quand les feuilles
changent de couleur,
je tomberai mort
sous le soleil qui brûle
blond et haut,
et je fermerai les yeux,
laissant le ciel à sa splendeur.

Sous un tilleul tiède de verdure
je tomberai dans le noir
de ma mort qui dispersera
les tilleuls et le soleil.

Les beaux jeunes garçons
courront dans cette lumière
que je viendrai de perdre,
essaimant des écoles,
les boucles sur le front.

Je serai encore jeune,
en chemise claire,
les cheveux tendres en pluie
sur la poussière amère.

Je serai encore chaud,
et courant sur l'asphalte
tiède de  l'allée,
un enfant posera sa main
sur mon ventre de cristal.

Ce qui pleure, c'est ce qui prend fin et recommence. Piange cio' che ha fine e ricomincia.

Ce qui pleure, c'est ce qui change, même si c'est pour être meilleur. Piange cio' che muta, anche per farsi migliore.


Ce n'est qu'aimer, et que connaître,
qui compte, non d'avoir aimé,
ni d'avoir connu. C'est angoisse
que vivre d'un amour
révolu.

Solo l'amare, solo il conoscere
conta, non l'aver amato,
non l'aver conosciuto. E' angoscia
il vivere di un consumato
amore.

Mais si je possède l'histoire,
elle me possède elle aussi; je vis dans sa lumière :

mais à quoi bon la lumière ?


Ma come io possiedo la storia,
essa mi possiede; ne sono illuminato :

ma a che serve la luce ?
 








Ainsi, s'il suffit de deux jours
de fièvre, pour que la vie paraisse
perdue, et que le monde
revienne tout entier (et que rien ne me grise
si ce n'est le regret), au monde, moi,
dans le vaste et muet soleil de septembre,
je ne saurais, mourant, que dire adieu..




 


Cosi', se bastano due giorni
di febbre, perché la vita sembri
perduta e intero torni
il mondo (e niente m'inebbri
altro che rimpianto) al mondo io,
nel grande e muto sole de settembre,
morendo, non saprei che dire addio...

 


  Mais moi, avec le coeur conscient
de celui qui ne peut vivre que dans l'histoire,
pourrai-je désormais oeuvrer de passion pure,
puisque je sais que notre histoire est finie ?

Ma io, con il cuore cosciente
di chi soltanto nella storia ha vita,
potro' mai più con pura passione operare,
se so che la nostra storia è finita?

Je m'en vais, je te quitte, dans le soir,
qui, malgré sa tristesse, tombe si doux,
pour nous, vivants, dans la clarté cendrée
qui se raccroche au quartier dans la pénombre.

Me ne vado, ti lascio nella sera
che, benchè triste, cosi' dolce scende
per noi viventi, con la luce cerea
che al quartiere in penombra si rapprende.

Il suffit d'un instant de paix pour révéler,
au fond du coeur, l'angoisse,
limpide comme le fond de la mer
par un jour de soleil.

Un po' di pace basta a rivelare
dentro il cuore l'angoscia,
limpida, come il fondo del mare
in un giorno di sole.

    Ce fut une amitié de plus,
de celles qui ne durent qu'un soir,
et déchirent toute une vie.

Fu un'ennesima amicizia,
una di quelle che durando una sera,
straziano poi tutta la vita.

tu porteras
la pureté, le seul jugement qu'il nous reste,
et c'est terrible, et doux : car jamais il n'y a
de désespoir sans un peu d'espérance.

tu darai
la purezza, l'unico giudizio che ci avanza,
ed è tremendo, e dolce : ché non c'è mai
disperazione senza un po' di speranza.

Je ne sais où, je ne sais comment -
mais je sais que tu es là.
On dirait même, qu'en ton silence matinal,
en ton absence,
le désir de mourir est plus clair encore.

io, non so dove, non so come -
ma so che ci sei.
Anzi, direi che, nel tuo silenzio mattutino,
nella tua assenza,
la voglia di morire è ancora più chiara.

    
                



que ces quelques extraits vous donnent envie de lire Pier Paolo PASOLINI...

 

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