
Eduardo MENDOZA
né à Barcelone en 1943
extraits - 1990|
Résumé:
Deux extraterrestres débarquent pour une
mission d'étude. Le lieu : la terre. Sujet : les hommes. |
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Il semble que les êtres humains inspirent et expirent de façon automatique, et qu'ils appellent cela la respiration. |
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Il semble que les humains qui ont pourtant, pour la plupart, des physionomies ingrates et même franchement laides, ne peuvent vivre sans se voir les uns les autres. Pour tout arranger, les voitures ont également allumé leurs phares dans le but de mieux s'agresser entre elles. |
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Après avoir passé toutes nos soirées ensemble depuis huit cents ans, je ne sais comment tuer les heures qui précèdent le sommeil. |
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La différence fondamentale entre les riches et les pauvres para ît être la suivante : les riches, où qu'ils aillent, ne payent pas et peuvent acheter ou consommer tout ce qui leur plaît. En revanche les pauvres payent même pour suer. |
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On cherche parfois bien loin ce que l'on a tout près. |
| Elle insiste en lui disant que s'il ne mange pas il ne grandira pas et ne sera jamais fort comme Superman ; comme si ces arguments n'étaient pas suffisants, elle ajoute que s'il n'a pas fini son chou-fleur dans les cinq minutes qui viennent elle lui cassera les dents avec le tabouret de la cuisine. |
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J'ai beau me creuser la cervelle (que je n'ai pas), je n'arrive pas à trouver la manière adéquate de l'aborder. |
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Il est très probable qu'elle aime les fleurs et les animaux domestiques. Je pourrais lui envoyer une rose et deux douzaines de dobermans. |
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Je suis tellement déprimé que je n'ai même pas la force de manger les douze kilos de beignets que je me suis fait monter par un livreur. |
| Je descends les Ramblas, j'entre dans des rues latérales. Dans cette partie de la ville, les gens sont de toutes les couleurs, et leur seule vue suffirait ! faire comprendre que Barcelone est un port de mer, même s'il ne l'était pas. Ici convergent les races du monde entier (et même d'autres mondes, si je m'inclus dans le compte). |
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Les enfants font ce qu'on leur commande ; les travailleurs aussi, mais ils sont rétribués pour ça ; les retraités reçoivent également des émoluments, mais on leur interdit de rien faire, car leurs mains ne sont pas sûres et ils laissent tout tomber, sauf leur canne et leur journal. |
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Il raccroche avant que j'aie le temps de le remercier pour le renseignement, et même avant d'avoir eu le temps de me le donner. |
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Je m'assieds dans un fauteuil tapissé de laine. Avant que j'aie pu croiser les jambes, le fauteuil me mord le mollet. Erreur d'appréciation : ce n'était pas un fauteuil mais un gros chien qui dormait roulé en boule |
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Je déambule dans l'hôpital, perdu dans mes pensées et bientôt perdu tout court. |
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Plus j'y réfléchis, plus l'idée de m'établir sur la Terre m'apparaît insensée. |
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J'essaye de rentrer chez moi en tra înant des pieds. Ou l'expression (courante) ne correspond pas à la réalité, ou alors il existe une méthode que je ne connais pas pour tra îner des deux pieds en même temps. J'essaye de laisser traîner un pied et de faire un saut en avant avec l'autre (pied). Je me retrouve à plat ventre. |
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L'avantage de la communication télépathique, c'est qu'on peut parler la bouche pleine. |
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Il arrive parfois que deux personnes vivent longtemps ensemble sans jamais parvenir à se connaître vraiment. Le cas inverse peut aussi se produire, c'est-à-dire que deux personnes vivent peu de temps ensemble et pourtant, paradoxalement, arrivent à se connaître parfaitement. |
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Né à Barcelone en 1943
dans une famille qui avait le culte de la littérature, il entreprend des
études de droit qu'il termine en 1965. Il quitte Barcelone en 1973 pour New
York et l'ONU où il est engagé comme traducteur. Il écrit là son premier
roman, La vérité sur l'affaire Savolta, qui rencontre tout de suite
l'enthousiasme du public et lui vaut depuis le titre de "précurseur de la
postmodernité". |